» ÉDITORIAL: le secret est dans le télétravail (suite)
Tirer avantage des solutions existantesMais il faut aussi comprendre que pour certaines entreprises, les gains financiers d'une telle migration vers le télétravail peuvent être intéressants. Imaginez un bureau où 50% des travailleurs passeraient au télétravail. Du jour au lendemain, les frais fixes comme la location de l'espace, le chauffage et l'électricité peuvent être substantiellement réduits.
Côté technique, les moyens sont maintenant disponibles pour que le travailleur à domicile ne soit pas isolé de ses collègues. On a qu'à penser à ce nouveau système téléphonique offert par Bell Canada, qui relie une ligne téléphonique domestique au système interne de la compagnie. De cette façon, les conversations par "intercom" et le transfert d'appels sont aussi faciles que dans les locaux de l'entreprise. Notons que l'adoption de tels systèmes aurait aussi comme conséquence indirecte de remettre au travail des centaines de travailleurs de Northern Telecom et de Bell Canada… Sans parler de centaines d'autres PME et spécialistes.
Et puis il y a évidemment Internet et ses dérivés l'intranet et l'extranet. Beaucoup d'entreprises sont maintenant entièrement informatisées. Le passage au télétravail ne représente donc qu'une occasion de mieux structurer et de rentabiliser l'investissement dans les technologies de l'information. Un accès sécurisé à l'intranet de l'entreprise pour les travailleurs à domicile transforme le réseau en un extranet. L'information est alors partagée entre les employés à la même manière d'un réseau interne.
Sensibilisation et implication nécessairesDe ce fait, il ne reste vraiment que peu d'obstacles pour que le télétravail ne gagne en popularité au Québec. D'abord, il faut évidemment intéresser les travailleurs à ce nouveau mode de vie. Mais pour ceux qui doivent endurer des déplacements de quelques heures à chaque jour, le choix sera bien facile.
Il faut ensuite sensibiliser les patrons aux avantages de cette forme d'emploi et faire tomber les mythes. Un employé que le patron aurait peur de ne pas pouvoir surveiller quand il serait à la maison n'est probablement pas un bon employé au départ! Un employé le moindrement professionnel sera motivé par une telle offre et fera tout pour prouver qu'il est digne des avantages que lui accorde le télétravail.
Mais le plus grand facteur qui pouvant influencer l'adoption en masse du télétravail est évidemment l'attitude du gouvernement. Si ce dernier prend un jour ses responsabilités, des milliers de fonctionnaires pourront tout simplement rester à la maison pour accomplir leur tâche. En conséquence, le réseau routier québécois en sera grandement soulagé et les dépenses administratives gouvernementales seront substantiellement réduites.